Une Méditerranée sous-estimée : la pollution plastique dans la colonne d’eau, un angle mort de la recherche.

Expédition MED souhaite lever le voile sur la pollution invisible de la Méditerranée avec son programme pionnier « Manta sous-marin »

Depuis plus de 15 ans, l’association Expédition MED arpente la Méditerranée pour documenter l’ampleur de la pollution plastique. Ses travaux ont révélé des concentrations records de microplastiques en surface, alertant la communauté scientifique et les décideurs sur leurs impacts écologiques et sanitaires.

Une « zone grise » en Méditerranée.

Pourtant, une partie cruciale de cette pollution restait jusqu’ici dans l’ombre :

la colonne d’eau, cette zone intermédiaire entre la surface et les fonds marins, où des millions de particules plastiques flottent, se décomposent et sont ingérées par la vie marine.

Expédition MED franchit une étape historique avec le déploiement de son « Manta sous-marin », un outil inédit conçu pour échantillonner les microplastiques à différentes profondeurs.

Après des tests en mer concluants, cet instrument sera utilisé dès la prochaine campagne « VigiePlastic Méditerranée 2026 », marquant la première étude systématique de cette « zone grise » en Méditerranée.

Pourquoi la colonne d’eau est-elle un enjeu majeur

Les études existantes se concentrent principalement sur les déchets flottants (comme les sacs plastiques, emballages, bouteilles,…) et les sédiments marins, où s’accumulent les microplastiques les plus denses. Pourtant, la colonne d’eau abrite une pollution tout aussi préoccupante :

Des microplastiques en suspension : Selon leur densité, certains plastiques flottent, d’autres coulent, mais beaucoup restent piégés dans la colonne d’eau, transportés par les courants et les organismes marins.

Des fibres et fragments issus de la fragmentation des déchets plus grands, souvent ingérés par le plancton, les poissons et les mammifères marins.

Les « neiges plastiques » : des agrégats de microplastiques et de matière organique qui tombent vers les fonds, contaminant les écosystèmes profonds.

« Jusqu’à présent, la colonne d’eau était un angle mort de la recherche, alors qu’elle joue un rôle clé dans la dispersion et la persistance des polluants », explique Bruno Dumontet. « Comprendre cette dynamique est essentiel pour évaluer l’impact réel des plastiques sur la biodiversité méditerranéenne. »

Un programme aux retombées écologiques majeures

Le programme « Manta sous-marin » ne se contente pas de combler un vide scientifique. Il répond à des enjeux environnementaux urgents :

VigiePlastic Méditerranée 2026 : une campagne pour agir

Cette campagne avec le « Manta sous-marin », marquera une première en Méditerranée et permettra d‘établir un état des lieux de la pollution dans la colonne d’eau sur plusieurs zones clés de la Méditerranée

Identifier les sources et les trajectoires des microplastiques, grâce à l’analyse de leur composition chimique et de leur taill

Sensibiliser les décideurs : Les données recueillies serviront à alimenter les stratégies de réduction des déchets plastiques au niveau local et international, notamment dans le cadre du Plan Bleu et de la Convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée.

« Ce programme est une avancée majeure pour la science citoyenne et la préservation de la Méditerranée », souligne Bruno Dumontet « Il prouve que l’innovation et l’engagement collectif peuvent révéler des vérités cachées et inspirer des actions concrètes. »

Galerie des tests en mer

https://edu.ui.ac.id/-/